Pendant plus de 100 ans, les enfants autochtones du Canada ont été enlevés à leurs familles pour être placés dans les pensionnats indiens. Ces établissements, financés par le gouvernement fédéral et dirigés par des organisations religieuses, ont éliminé toutes les traditions autochtones de l’éducation spirituelle, culturelle et intellectuelle des enfants métis, inuits et membres des Premières Nations.

Pendant cette période sombre de notre histoire, plus de 150 000 enfants autochtones ont été envoyés dans des écoles situées à des centaines de kilomètres de chez eux. Ce système – auquel on a mis fin il y a seulement 20 ans – a laissé en héritage des traumatismes qui ont gravement affecté les peuples autochtones et nuit à la relation entre les Autochtones et les non-Autochtones du Canada.

En 2008, la Commission de vérité et réconciliation du Canada a été créée en réponse aux accusations d’agressions vécues par les jeunes pensionnaires autochtones. La Commission, un premier pas vers la réconciliation, a parcouru le pays pendant six ans afin de recueillir les témoignages de survivants et survivantes et de leurs familles, et de bâtir de meilleures relations entre tous les Canadiens et toutes les Canadiennes.

Saviez-vous que?
  • On a recensé 139 pensionnats soutenus par le gouvernement fédéral sur l’ensemble du territoire Canadien.*
  • Le dernier pensionnat a fermé ses portes en 1996.
  • Le rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada contient 94 appels à l’action.
  • En 2015, on a inauguré à l’Université du Manitoba un centre de recherche permanent : le Centre national pour la vérité et réconciliation.
* Ce nombre exclut les pensionnats financés par les gouvernements provinciaux ou relevant exclusivement d’organisations religieuses.
Réparer les injustices au Canada
La réconciliation est un long processus qui s’étendra sur plus d’une génération. Au Canada, de nombreuses injustices sociales subies par les peuples autochtones subsistent et nuisent à l’établissement de nouvelles relations équitables. De nombreuses familles autochtones font face à des obstacles les empêchant d’accéder aux produits de première nécessité que le reste de la population tient pour acquis : une éducation de qualité, de l’eau potable, un logement et une sécurité alimentaire. Les écoles dans les réserves des Premières Nations sont sous-financées, tandis que les logements dans les communautés des Premières Nations et des Inuits sont souvent surpeuplés ou ont besoin de réparations. En mai 2016, 84 communautés des Premières Nations ne pouvaient pas consommer l’eau du robinet, qui était contaminée. Dans la région arctique canadienne, où l’insécurité alimentaire est de cinq à six fois plus élevée que la moyenne nationale, beaucoup de personnes ont de la difficulté à nourrir leur famille.