L’itinérance, ce n’est pas seulement ce que nous observons dans la rue : c’est un problème qui prend différentes formes et qui touche différentes personnes. Les gens se retrouvent à la rue pour toutes sortes de raisons : perte d’emploi, mauvaise santé, violence conjugale, etc. Les femmes et les enfants font souvent partie de la population itinérante « invisible », qui est hébergée par des amis ou dans des logements provisoires.

Plus de 235 000 Canadiens et Canadiennes ont vécu une période d’itinérance au cours de la dernière année. Annuellement, l’itinérance coûte 7 milliards de dollars à l’économie nationale. Le coût mensuel d’un lit dans un refuge est de 1 932 $, et de 10 900 $ pour un lit d’hôpital. Et ni l’un ni l’autre n’offre une solution permanente à l’itinérance.

C’est pourquoi de nombreuses villes se tournent vers un modèle dont la priorité est d’offrir des logements stables, pour ensuite offrir éducation, formation professionnelle et services en santé mentale. Jusqu’à maintenant, cette méthode s’est montrée très efficace pour réduire significativement l’itinérance.

Saviez-vous que?
  • Une étude a montré que 2 sans-abri sur 5 ont été victimes d’une agression l’année dernière.
  • Étant donné le risque accru de maladies ou d’agressions, les sans-abri se retrouvent à l’hôpital 5 fois plus souvent que la population en général.
  • Vancouver a réduit l’itinérance de 66 % en 5 ans en offrant des logements stables qui ont servi de base à d’autres services sociaux.
L’itinérance et l’emploi
Il est faux de croire que les personnes itinérantes n’ont pas d’emploi ou de source de revenus. Par exemple, aux États-Unis, 18 % des sans-abri ont un emploi, tout comme 42 % des gens qui bénéficient d’une aide alimentaire d’urgence. Pour de nombreuses personnes, un salaire stable n’est pas suffisant pour pallier les prix en hausse du loyer, de la nourriture et des factures. Vivre dans des refuges ou des habitations temporaires complique davantage la recherche d’emploi. En plus des préjugés entourant sa situation, une personne itinérante ne possède pas d’adresse fixe, d’historique de location, de numéro de téléphone régulier et n’a souvent pas accès à une garderie; rien pour faciliter un processus déjà difficile.